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Bonus-malus et antécédents : préparer un relevé d’information exploitable

Relevé d'information VTC : contrôlez conducteurs, véhicules, périodes, sinistres et responsabilités, puis faites confirmer par écrit la reprise du coefficient.

Bonus-malus et antécédents : préparer un relevé d’information exploitable

Un chauffeur VTC remplace son véhicule et transmet son relevé d’information au nouvel interlocuteur. La proposition reçue reprend bien un coefficient, mais un accident ancien apparaît comme responsable alors que le dossier avait ensuite été requalifié. Un second sinistre semble rattaché au chauffeur, bien qu’il ait été déclaré au nom d’un conducteur remplaçant. Le tarif proposé devient difficile à comprendre, et personne ne peut expliquer précisément quels antécédents ont été retenus.

Ce cas type montre la limite d’un relevé simplement « envoyé ». Pour être exploitable, le document doit être lisible, cohérent avec les archives de l’entreprise et accompagné des informations VTC qu’il ne contient pas. Il faut surtout distinguer trois éléments : les faits inscrits au relevé, la déclaration faite pour le nouveau contrat et la reprise du coefficient par le nouvel assureur.

Ce que le relevé d’information doit permettre de vérifier

Le relevé d’information automobile est établi par l’assureur. Il retrace les informations utiles à la continuité des antécédents, notamment le coefficient de réduction-majoration et les sinistres enregistrés pendant la période de référence. Il permet ainsi à un nouvel assureur d’examiner l’historique automobile lors d’un changement de contrat.

Sur le document reçu, contrôlez au minimum :

  • l’identité du souscripteur et, pour une société, sa dénomination exacte ;
  • l’immatriculation et les caractéristiques permettant d’identifier le véhicule ;
  • la date de souscription, la période couverte et la date de fin éventuelle du contrat ;
  • les noms et dates de naissance des conducteurs désignés ;
  • le coefficient indiqué à la dernière échéance concernée ;
  • pour chaque sinistre mentionné, sa date, le conducteur concerné et la part de responsabilité retenue.

Ces informations figurent parmi les éléments habituellement repris par le relevé. Ne concluez toutefois pas qu’un champ absent est nécessairement une erreur : demandez d’abord à l’assureur si l’information apparaît sous un autre intitulé ou dans une annexe.

Relevé, déclaration et calcul : trois étages différents

  • Relevé d’information : retracer le contrat automobile, les conducteurs, le coefficient et les sinistres enregistrés ; comparer chaque ligne avec les pièces conservées.
  • Déclaration de souscription : décrire le risque présenté au prochain assureur ; préciser transport rémunéré de passagers, conducteurs, véhicule et organisation réelle.
  • Reprise du coefficient : appliquer au nouveau contrat les règles correspondant aux antécédents retenus ; demander le coefficient repris et les faits sur lesquels repose cette reprise.

Le relevé décrit un historique automobile ; il ne remplace pas la déclaration du risque actuel. Un exploitant doit donc signaler séparément l’usage VTC, les conducteurs habituels ou occasionnels, un changement de véhicule, une interruption d’exploitation ou le recours à un véhicule de remplacement. Ces éléments doivent correspondre à la situation réelle au jour de la souscription.

De même, le relevé ne prouve pas à lui seul l’existence ni l’étendue d’une assistance, d’une RC exploitation ou d’une responsabilité civile professionnelle liée à l’activité VTC. Le mécanisme de réduction-majoration concerne l’assurance automobile dans son périmètre réglementaire ; les autres garanties doivent être vérifiées dans leurs propres documents contractuels.

Enfin, ne tentez pas de déduire un coefficient uniquement à partir d’une liste de sinistres. La responsabilité retenue, la période de référence et la situation contractuelle peuvent modifier l’analyse. Service-Public présente le bonus-malus comme une variation de la prime de référence selon la sinistralité. La bonne méthode consiste à demander quelle valeur est reprise et sur quelles lignes du relevé elle repose, sans présumer que le transfert est mécaniquement correct.

Les incohérences à traiter avant l’envoi

Commencez par rapprocher le relevé de vos propres archives : déclarations de sinistre, constats, courriers de responsabilité, décisions de recours, avenants, changements d’immatriculation et listes de conducteurs. Votre relevé reçu de l’assureur reste ici la pièce principale : annotez-en une copie, mais conservez l’original intact.

Les principaux signaux d’alerte pour un dossier VTC sont :

  • un sinistre présenté comme responsable alors qu’un courrier ultérieur indique une autre qualification ;
  • une date qui ne correspond ni au constat ni à l’accusé de réception de la déclaration ;
  • un conducteur absent, mal orthographié ou confondu avec le souscripteur ;
  • un sinistre rattaché au mauvais véhicule après un remplacement ou une mise à disposition ;
  • une période sans couverture apparente qui correspond en réalité à un changement de véhicule ou de contrat ;
  • un coefficient repris dans la proposition sans correspondre à celui indiqué à la dernière échéance du relevé.

Une information inexacte sur la responsabilité ou le conducteur peut fausser la lecture du dossier. N’envoyez pas seulement une explication orale : demandez une version rectifiée ou, si la correction est encore en cours, joignez les pièces justificatives et faites confirmer par écrit le traitement qui sera appliqué.

Liste de contrôle avant transmission

  1. Obtenir un document complet : demandez le relevé directement à l’ancien assureur et conservez la demande ainsi que le fichier reçu.
  2. Identifier la version : notez la date d’émission et vérifiez qu’un relevé plus récent n’a pas été établi.
  3. Contrôler les identités : souscripteur, entreprise, conducteurs et véhicule doivent correspondre aux pièces du dossier.
  4. Rejouer chaque sinistre : rapprochez date, conducteur et responsabilité des constats et courriers de gestion.
  5. Expliquer les transitions : changement de véhicule, interruption de contrat, remplacement temporaire ou changement d’exploitant.
  6. Ajouter une déclaration VTC séparée : usage de transport à titre onéreux, conducteurs actuels et organisation réelle de l’exploitation.
  7. Contrôler la proposition : faites identifier le coefficient repris, les antécédents retenus et l’usage assuré avant de signer.

Questions écrites à poser

  • « Pouvez-vous confirmer que ce relevé est la version la plus récente et qu’il couvre toute la période disponible ? »
  • « Pour chaque sinistre, pouvez-vous confirmer le conducteur et la part de responsabilité actuellement retenus ? »
  • « Le sinistre signalé comme requalifié a-t-il été corrigé dans le relevé ? À défaut, quelle pièce manque pour procéder à la rectification ? »
  • « Quel coefficient sera repris dans la proposition, et à quelle mention du relevé correspond-il ? »
  • « Le changement d’immatriculation ou de véhicule a-t-il créé une rupture apparente dans l’historique ? »
  • « L’usage VTC et le transport rémunéré de passagers sont-ils enregistrés dans la déclaration du nouveau contrat, indépendamment du contenu du relevé ? »
  • « Les conducteurs actuellement prévus sont-ils tous déclarés selon les conditions du contrat proposé ? »

Classez le relevé, les justificatifs, la déclaration VTC, les demandes de rectification et les réponses reçues dans un même dossier. L’objectif n’est pas de négocier un coefficient à partir d’une estimation personnelle, mais de rendre chaque donnée vérifiable avant qu’elle soit reprise au prochain contrat.

Le coefficient effectivement repris et les garanties applicables dépendent du dossier et du contrat concernés. Toute divergence déterminante doit être corrigée ou expliquée par écrit avant la souscription.